Immortelle 2011

Pour relater cette édition 2011 de l’Immortelle, je n’ai pas trouvé un récit qui exprime aussi bien ce qui doit être compris, que celui de Dan…

Oui les Amis, l’Immortelle est dans l’histoire de la moto une concentration de grande tradition motocycliste, tant par son organisation, ses participants, par l’esprit qui y règne, le respect mutuel, la joie de vivre, l’entraide : voici bien longtemps que je n’avais plus goûté à cette saveur, à cette tranche de vie pleine de soleil.
De plus, ce millésime 2011 a apporté un élément rare et unique : la liaison entre la génération des Dabs qui ont bourlingué partout depuis plus de 30 ans, et la nouvelle génération des jeunes qui, curieuse et pleine de vie, regarde avec de grands yeux ce qui se passe, écoute oreilles toutes ouvertes les récits des Anciens dont ils veulent boire aussi le sang.
Formidable.
Car mes Amis, là où cela ne trompe pas, c’est que cette concentration commence toujours par un hommage. Hé oui, un hommage à ceux qui, par leur aura, ont puissamment marqué le monde de la moto.
Sont nommés Kiki Blanchot et M.Perdrix, deux phénomènes comme il n’en existe presque plus.
Et un hommage, plus de l’amitié, c’est le socle en granit de toute manifestation qui dure et qui transmet un héritage indicible, un héritage qui ne s’explique qu’en étant là avec les autres.

Source : Dan de chez Est-Motorcycles

Pour les photos de l’édition 2011 rejoignez cet album.

Concentratio Motocicletta - Moto-Club d'Andorra

ANDORRE 1974.

Fin septembre 1974, le moto club d’Andorre organisait son rassemblement annuel. Celui-ci était entré dans la catégorie des concentrations internationales. En effet, plus de 3000 motards s’y retrouvaient chaque fin septembre, moitié français, moitié espagnols. N’oublions pas une poignée de belges, d’allemands et de hollandais.

Concentratio Motocicletta - Moto-Club d'Andorra - 1974

Concentratio Motocicletta - Andorra

La concentre se déroulait sur de grands terrains à la limite d’Andorra La Vella, capitale de la principauté. Andorre est l’un des plus petits pays au monde, 468 km2, dans les montagnes, coincé entre France et Espagne. La langue nationale est le catalan.

Si, aujourd’hui encore, certains produits y sont vendus moins chers qu’en France, en 1974 on y venait carrément pour s’approvisionner en tabac, alcool, cuir et divers produits, tant la différence de prix était conséquente. Pas de taxe, un paradis fiscal.

Bref, en ce début d’automne 1974, je venais d’acquérir ma 250 MZ, mono-cylindre 2 temps ! La Motorradwerk Zschopau était fabriquée en RDA. C’était la bonne à tout faire, sa devise : ‘je suis moche mais qu’est ce que je bosse’ ! On l’appelait d’ailleurs ‘le chameau’, increvable en toutes circonstances. Normal pour une bécane qui bosse ! Je ferai 75000km en 4 ans sans le moindre pépin !
Les Meumeuzes, n’avaient rien à voir avec les MZ de compétition, vitrines mécaniques de l’Allemagne de l’Est.
C’est donc au guidon de la moto utilitaire du bloc soviétique que je me rendis, de la Vendée, à Andorre par les petits routes. J’étais en vacances, il faisait beau, tout allait bien. J’étais parti en avance, profitant au mieux de ma virée.

J’ouvre une parenthèse.
A cette époque la majorité des motos qu’on trouvait en concentres, étaient des 125 ou des moyennes cylindrées (250, 350). On voyait aussi beaucoup de 50 à vitesses comme les Malagutti, Flandria, Gitane-Testi ou encore Kreidler. Il ne faut pas croire ! Lorsqu’on relit des revues motos de l’époque, on y voit les essais des ‘grosses’, c’est à dire les 500 et plus. Mais, sur le terrain, c’était plutôt de la petite. Ça coûtait cher une moto ! Il en fallait des mois d’économies pour un jeune pour s’offrir une 250, même une 125 ! On avait souvent le permis toutes cylindrées (dès 16ans) mais on continuait à rouler en petite ou moyenne moto !
Alors, bien sûr, on avait tous des potes qui roulaient en Béhême, en Guzzi V7, en Bonneville ou en quatre pattes… On rêvait que bientôt ce serait nous…
Ça paraissait normal de se taper 300, 400, 500 bornes ou plus pour rejoindre une concentre sur sa 125 ou 250 (ou même sur son 50 parfois !)
La gueule au vent, le cromwell, le barbour et roule ma poule !
Aujourd’hui une petite moto c’est une 500 (pour les débutants !) et on parle de routière à partir de 1000. Comment peut on se passer des GPS, écouteurs et micros intégrés au casque, poignées chauffantes et la soufflerie d’air chaud centralisée, ABS, système électronique, chiottes multi-usages et système anti-con breveté ?
Bon, c’est vrai aussi qu’il y avait moins de monde sur les routes, qu’une certaine idée de la liberté existait encore et qu’on faisait des pleins d’essence à des prix raisonnables.
Je ferme la parenthèse (normalement, la moitié des lectrices et lecteurs ont déjà décroché).

Concentratio Motocicletta - Moto-Club d'Andorra - 1974

Concentratio Motocicletta - Moto-Club d Andorra - 1974

J’arrivais donc en avance à Andorra la Vella. J’avais tranquillement passé le col (ou Port) d’Anvalira à 2409 mètres d’altitude, avec halte au Pas de la Case, après 30 bornes de grimpée depuis Ax les Thermes par la Nationale 20. Il n’y avait pas encore le tunnel routier.
Ma bonne 250 MZ polluait allègrement l’air pur de la montagne, lâchant par son gros pot chromé ses nuages bleus et odorants. Mais on ne parlait pas encore du réchauffement climatique. Autres temps, autres mœurs !

Sur le site de la concentre, qui officiellement commençait le surlendemain seulement, une centaine de motards français et espagnols. Ce fut la concentre avant la concentre.
Le soir, les feux de camps crépitèrent dans la nuit andorrane.

Le gros des motards espagnols arrivèrent le lendemain .

Les motos espagnoles étaient connues comme motos sportives, de tout-terrain. La conception de la ‘Todo-terreno’ deviendra, traduite en américain : la ‘Trail-Bike’. L’industrie espagnole était orientée vers le sport et les machines se vendaient dans le monde entier. Mais la majorité des jeunes espagnols, sur quoi roulaient t’ils, eux ?
Ils roulaient sur les motos de chez eux : Bultaco, Montesa, Ossa, Derbi en 2 temps, modèles de route pratiquement inconnus chez nous. Ça allait du 50 à la 250. C’était aussi quelques Sanglas 400 en 4 temps, récupérées de la police espagnole. Pas de japonaise, encore moins de Béhème, de Guzz ou d’anglaise ! Mais ce n’étaient pas les modèles nobles des marques ibériques, réservés à l’exportation. C’était le bas de gamme, adapté pour la route.
Ce qui me frappa était l’état de vétusté de la plupart de ces machines. Je les revois encore : rafistolées, tenant avec du fil de fer, pissantes d’huile ! Pas de barbours ou de cuir luisants pour les pilotes ! De vieux blousons en toile, en cuir bouffé aux mites. Les pantalons, de la flanelle pas du jean…

Ce fut pour moi le premier choc !
Et le pire fut quand des clubs espagnols d’harleyistes débarquèrent. Des pépères quinquagénaires, ventrus, en Electra Glide rutilantes, vêtus en cuirs de luxe. Flottaient derrière leurs motos les drapeaux nationaux espagnols, les oriflammes Rouge et or frappés de la Grande Aigle Espagnole ! Les sirènes sur les Harley : tous se rangèrent pour laisser passer !
D’un côté la masse, la plèbe, les pouilleux… De l’autre quelques senores pleins aux as, se comportant en maîtres !
Inutile d’écrire que les deux groupes ne se mêlèrent pas ! J’avais pensé que la moto pouvait aplanir les différences sociales ! Oui, mais jusqu’à un certain point ! Là, au contraire, elle les exacerbait ! même en France, en 1974, les Harley étaient très rares et coûtaient bien trop cher pour que le quidam moyen espère s’en offrir une un jour ! Bon, aujourd’hui les pépères ventrus, retraités à 60 ans, roulent facilement en Harley mais replaçons nous à l’époque !

Second choc : parlant un peu l’espagnol, je m’étais lié à un groupe de jeunes motards venant de Barcelone. Autour du feu, le soir, on parlait moto (les modèles, les concentres, etc…). Mais lorsque j’abordais le sujet : ‘Il y a vraiment beaucoup de différences chez vous entre les riches et les pauvres’, silence radio, mutisme total !
Impossible d’aborder (même si peu) toute discussion sur la société espagnole ! Rien, nada !
En 1974, bien qu’en fin de règne, le Général Francisco Franco ‘Par la grâce de Dieu, Caudillo d’Espagne’, était toujours au pouvoir ! Les motards espagnols n’osaient pas parler ! Personne n’osait parler ! Même hors de leurs frontières ! Même hors d’Espagne : la peur ! La peur d’être plus tard dénoncé pour avoir critiqué un tant soi peu le régime, dénoncé peut-être par un autre motard présent (qui sait ?).

Outre la médaille, l’autocollant, de l’alcool et la gueule de bois, j’ai ramené de la concentre d’Andorre 1974 la conscience de ce que c’est que vivre sous la dictature ! J’y pense encore souvent !

Je précise que 2 années plus tard (1976) j’ai refais la concentre d’Andorre : Franco était mort depuis un an environ. L’Espagne changeait et rapidement. Les motards espagnols étaient, d’un seul coup, comme les motards français, ou presque ! Incroyable comme les fleurs fleurissent vite dès que le soleil revient après l’hiver !

Andorra - 1976

Andorra - 1976

Concentratio Motocicletta - Moto-Club d'Andorra - 1976

Concentratio Motocicletta - Moto-Club d Andorra -1976

Retournons à 1974.
Des centaines de motards espagnols débarquèrent donc dès le lendemain matin (c’était le vendredi : pour l’occasion tous venaient pour 3 jours). Ils arrivaient par vagues sur leur Montesa, Bultaco 2 temps pétaradantes. Ils arrivaient du sud.
Nous attendions la horde des français, qui eux, arriveraient par le nord, par le Pas de la Case. Rien ! pas un chat ! La journée passa, la nuit tomba, toujours personne !
Il n’y avait pas de téléphone portable à cette époque : on ne pouvait pas joindre facilement tel ou tel copain. Nous n’avions pas de nouvelle. De mon côté j’attendais mes potes des Sables d’Olonne qui devaient me rejoindre ici. Personne.
En fait, il avait neigé beaucoup sur le col. Celui-ci était impraticable. Le Port d’Envalira était totalement fermé. La tempête de neige était violente là haut et ici, dans la vallée, loin en bas, on ne s’apercevait de rien !
La soirée fut pratiquement espagnole.
Vers minuit nous vîmes arriver Pépé Lebrasseur, 75 ans. Il arrivait, avec une passagère, sur sa BMW R 75/5, en solo. Il fut le seul motard à pouvoir passer, LE SEUL ! Et en solo ! Il nous raconta. De l’autre côté, des milliers de motards bloqués. Tous essayaient bien de s’aventurer sur la route devenue une patinoire (en pente). Tous rebroussaient chemin après quelques dizaines de mètres, souvent avec une poignée cassée, un pare-cylindre enfoncé. Les sides eux-mêmes faisaient des têtes à queue. Personne ne put passer… sauf Pépé Lebrasseur venu de la Roche sur Yon en Vendée, avec son club. Il avait pris en croupe la petite copine d’un gars du club qui roulait sur une bécane moins confortable que la Béhème à Pépé.
Il s’était lui aussi élancé sur la pente glissante, en première, à 5 km/h, la nuit tombait. Ne pas accélérer, ne pas freiner, surtout ne pas s’arrêter, aucun geste brusque, toujours sur le filet de gaz ! Il dépassa les motos couchées, ou en travers de la route, et disparu tout seul dans le noir et dans le vent de la tempête qui continuait à souffler en rafales glacées. 5Km, 10 Km sur une pente digne d’une paroi glacière… Pom pom pom toujours 5 km/h ! Des formes dans le noir : la douane, les bâtiments tous fermés, pas une lumière… Puis la descente, la longue descente, encore plus casse-gueule… cette fois ne pas se laisser entraîner… toujours 5 km/h… La moto seule dans l’immensité noire et glacée. Chaque virage étant devenu une épreuve en soi… Pépé nous disait qu’il n’avait même plus la notion du temps… une éternité… La pauvre petite derrière, avait ordre de ne pas bouger d’un poil, pleurait tant elle était frigorifiée et fit même pipi dans sa culotte, ne pouvant plus se retenir ! Ils arrivèrent parmi nous à minuit et furent accueillis comme il se doit.
La petite passagère eut une bonne chambre d’hôtel confortable avec douche et lit moelleux, elle l’avait bien méritée ! Pépé aussi d’ailleurs coucha cette nuit là, à l’hôtel.

Les milliers de motards déboulèrent le lendemain après-midi. Ils avaient dormi tant bien que mal, beaucoup étaient repartis passer la nuit vers Ax les Therme. La météo était redevenue clémente et le col était dégagé. Tout avait fondu rapidement sous les rayons du soleil encore chaud en cette saison.

Le reste de la concentre ? Eh bien ce fut une concentre classique ! On rigola, on discuta autour des feux, on picola comme il se doit, on admirait les derniers modèles sortis.
Au retour, comme nous passions la douane par centaines, nous savions que les douaniers ne nous arrêteraient pas ! Inutile de dire qu’on en profitait pour bourrer sacoches, top case, sac de réservoir, de porto, whisky, pastis, tabac en tous genres.

Andorra - 1975

Andorra - 1975

Ah ! le plaisir de rouler par dizaines. En effet nous nous séparions au fur et à mesure, mais jusqu’à Bordeaux tous ceux qui remontaient sur l’ouest de la France (Bretagne, Poitou, etc…) restaient groupés. En principe, les groupes se formaient selon la puissance et la vitesse des motos. Mais de toutes façons c’était toujours des ensembles importants. La maréchaussée nous regardait passer, l’air soupçonneux, mais bien incapable de nous arrêter ! Imaginez le foutoir si 300 ou 400 motos étaient stoppées sur un coin de nationale un dimanche après-midi (parce que si un seul se faisait arrêter, tous s’arrêtaient !).

Jacquou

Krishna Treffen

L’ALAMBIC RALLY AN III, juin 1980.

L’invitation décrivait ce qu’était ce rassemblement et ce qu’il pouvait y regrouper !

Alambic Rally An III

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L’Alambic Rally s’était déroulé, pour sa troisième édition à une vingtaine de kilomètres de Montluçon, dans la petite commune de Clémagnet. Le lieu était chez CHOPIN, en pleine campagne, dans sa ferme, un artiste ami de Dédette Blanchot et de Fanfan du MC Dragons de Clermont-Ferrand.

Alambic Rally An III

Alambic Rally An III

Avant tout, décrivons CHOPIN :
Nounours écrivit à l’époque dans le journal des Gueux d’Route (n°6 d’août 1980) : ‘Chopin fait des photos qui ressemblent à la peinture, et des peintures pareilles à des rêves de paludéens en crise. Tout lui sert de support et notamment les murs extérieurs de sa baraque.’
Tout est dit.

En travers du chemin d’accès, une corde. Le bureau des inscriptions : Dédette et Dominique (une motarde de…). Fanfan était aussi présent avec, à droite la poignée de main pour saluer les invités et, à gauche, le fusil de chasse pour éconduire les autres. Il n’y a pas eu d’autres.
Dès l’arrivée, une fois la corde passée, ayant échappé à la chevrotine, nous étions dans un autre monde, sur une autre planète : celle de CHOPIN. Nous étions dans La Cour Bleue ! C’était chez lui, dans son fief, dans son antre artistique qu’il n’ouvrait qu’au compte-gouttes. Tiens, à propos de gouttes, le rouge au tonnelet, accueillait l’arrivant. Il n’y avait qu’à mettre son gobelet sous le robinet. Étaient servis, un fromage de chèvre (normal à l’alam-bique rally) fabriqué par un fermier d’à côté et du gros pain de campagne. Tout ça à volonté, de quoi se remettre des fatigues de la route.
Là, nous nous retrouvions, une centaine, peut être 150 maxi.
Devant le portrait géant de Chopin, peint sur une façade de la maison, une sono en plein air, toute aussi géante, joua la 9ème de Beethoven à pleine puissance tout un après-midi. Les gens du village à 4 kilomètres l’entendaient. Ça changeait des rock’n roll habituels des concentres.
Les arrivants passaient déjà tout un moment à déambuler entre les bâtiments de l’ancienne ferme, à visiter les pièces de la maison… A la fois émerveillés et se demandant où ils étaient tombés !

Autocollant Alambic Rally

Rally Baba et les 40 Fumeurs

Imagine : des bâtiments où pas un seul centimètre de mur n’est peint à la façon d’un tableau surréaliste avec mille détails. Le portrait du Maître des lieux sur 4 mètres de haut, une tête de chat, dont les yeux réfléchissent la lumière la nuit… Des volets découpés et peints en ailes de papillons. Une mare, un peu plus loin, avec tout autour des personnages plantés, mi-fantômes mi-fées… drapés dans d’immenses capes de tissu léger, flottant dans le vent… Et à l’intérieur, une tête de mannequin (peinte bien entendu), posée là, sur une margelle, qui te regarde fixement. Tu pousses une porte, tu te retrouves dans une salle dédiée à l’Été, aux couleurs flamboyantes, tu pousses une autre porte et te voilà dans un espace nocturne, violet et sombre ! Une statue, d’autres volets qui sont des tableaux de grand art, des objets hétéroclites, tous imbriqués dans des espaces délirants !
Voilà le monde de Chopin ! Difficile à décrire, il faut le voir…

Et Chopin lui-même : un très grand artiste, sans concession ! Libre de s’exprimer tant dans son art, que sa demeure ou ses attitudes ! Il nous a reçu dans sa longue toge rouge, coiffé de la couronne de lauriers, Julius Caesar ! Malgré tout, chaleureux, simple et à notre ‘portée’.
Chopin était heureux de recevoir une horde de motards aux barbours noirs, aux cuirs élimés, aux bécanes pleines de poussière, sacoches de cuir bondées, tentes sur le porte-bagages !
Bref, l’Empereur de Rome recevant chez lui des barbares amis !
Ah ! J’oubliais : Chopin adorait aller faire ses courses au bled du coin, où même au supermarché de Montluçon, habillé façon XVIIIème : habit, perruque, fard… Inutile de préciser ce que pouvaient en penser les indigènes !

Les tentes s’éparpillaient dans les champs tout autour de la ferme de Chopin.

Alambic Rally An III

L'autocollant

Un weekend de délire allait commencer !
On aurait pu résumer rapidement par ces quelques animations :
# La tombola dont le premier et unique prix fut un lapin vivant !

# La remise des diplômes, Fanfan debout sur une estrade, entre les bougeoirs XVIIIème, en culotte courte, casque allemand et lunettes noires !

Alambic Rally An III

Le diplôme du rédacteur : Jacquou

Lorsque la nuit fut tombée, Chopin passa des diapos de ses œuvres sur un des murs de la ferme. Des photos totalement surréalistes s’affichaient dans la nuit, visibles à des centaines de mètres ! Ces photos avaient été exposées dans divers grands musées d’Europe et aux Etats-Unis, quelques temps auparavant. Chopin lui-même ayant fait la une de certains magazines d’Art ! Nous étions tous, totalement absorbés par le déploiement de couleurs, de formes, d’ombres et de lumières qui s’étalaient, diapos après diapos, par dessus les yeux géants d’un chat fantastique !

Puis un groupe de rock enchaina sono bien à fond pendant des heures, sous les étoiles !

Il y eut ensuite un autodafé des anciens diplômes : tous furent brûlés, place au Présent.

Le dimanche matin : virée à travers champs et dans les bois avec Marcel, un vieux voisin. Il avait emmené, tout le monde, sur le plateau de son tracteur. Bon, d’accord, la vitesse du tracteur n’a pas permis de dégrisé tout le monde, des abus de la nuit précédente mais ce fut malgré tout une bonne crise de rigolade.

Voilà ce que fut (en de trop courtes lignes) l’Alambic-Rally, troisième du nom ! Bien sûr, comme tous les rassemblements sur invitation il y eut le plaisir de se retrouver entre ‘gens de bonne connaissance’, le plaisir d’être ensemble entre bons potes après la route, le plaisir d’égrener les heures de la nuit à discuter et rigoler avec des bières à la main.
Mais l’Alambic-Rally ce fut surtout la plongée dans le monde surréaliste de Chopin, nous étions tous des Alice au Pays des Merveilles !
Et ça, les amis, ça ne peut jamais s’oublier !

Jacquou.

P.-S : la maison de Chopin se visite aujourd’hui. Chopin lui-même fait visiter (il s’est renommé Chop) et la Cour Bleue est devenue La Cambrousse.
Taper ‘CHOP’ sur Internet, ou aller sur le site de Clémagnet et vous aurez des informations.

Voici un extrait internet de La Cambrousse de Chop :

C’est parce qu’il éprouve une grande admiration pour le musicien Chopin que cet artiste, peintre-photographe, a choisi comme pseudonyme Chop. Mais lui veut faire chanter les couleurs Dans l’Allier, dans la campagne de Venas, il a donc transformé sa banale maison en véritable œuvre d’art baroque. La  » Cambrousse « , comme il la nomme lui-même, est une maison où notre nouveau Narcisse projette ses délires oniriques. La Cambrousse est une demeure peinte  » aux couleurs du temps « .

D’immenses fresques s’étendent sur la façade mais aussi à l’intérieur, dans une féerie flamboyante.: des chats de trois mètres de haut ou des papillons géants côtoient des déesses antiques. La mise en scène se veut théâtrale, avec drapés et candélabres. Chop récuse d’ailleurs le titre de peintre. Lui se dit avant tout poète.
Personnage hors du temps, Chop fait visiter gratuitement sa Cambrousse, souvent habillé en costume du XVIIIème siècle. Il explique ainsi qu’à l’intérieur de sa maison, il change d’espace selon la saison, pour être en accord avec la nature.
Grand bavard, à la fois pétillant et irritant, cet artiste vit dans un rêve éveillé et est le premier d’ailleurs à revendiquer sa douce folie.